Michaël Devilliers

Formation et conférence

Archives de Catégorie: Les émotions de la créativité

« Les émotions de la créativité »

0

Les émotions de tout projet

Au départ, il y a la joie. Elle agit comme un signal qui nous indique que nos valeurs sont respectées et que les événements sont en accord avec qui nous sommes. La psychologie positive a démontré qu’elle stimule fortement notre créativité en ouvrant notre répertoire de pensée et d’action et en nous invitant à explorer : l’idéal pour trouver des solutions originales et découvrir de nouveaux champs de connaissance.

La colère est l’émotion de l’engagement dans l’action. Elle est le porte-étendard de nos valeurs et nous aide à affirmer ce qui est important pour nous. Elle est donc indispensable pour faire des choix, mettre des priorités et résister aux pressions externes qui risqueraient de nous décentrer de nos objectifs.

La peur est la garante de l’efficacité. Elle génère des scénarios potentiels négatifs pour nous aider à anticiper les difficultés à venir. Elle nous rend alerte et nous fournit l’énergie pour réagir. Sans elle, nos projets auraient toutes les chances d’échouer.

Enfin arrive la tristesse, l’émotion du deuil. La créativité est sans cesse en mouvement. Notre vision des choses et nos priorités changent au fil de nos actions. En affrontant les échecs et les déceptions, nous devons accepter d’abandonner certaines de nos idées premières pour qu’elles puissent évoluer et se transformer. La tristesse nous aide à nous arrêter pour faire le point, revoir nos objectifs ou les moyens d’y parvenir. C’est un temps de bilan mais également un retour à soi. La tristesse nous reconnecte à ce qui compte le plus et prépare le retour de la joie.

Conférence du 20 juin 2018 – Le Cercle du Leadership

La procrastination

L’être humain porte en lui cette force créative qui le pousse à prendre des initiatives, à se mettre en projet et à déployer toute son énergie pour atteindre ses objectifs. Mais paradoxalement, il porte aussi en lui la pulsion inverse : une tendance à l’inertie, à l’obéissance et à la passivité. C’est la procrastination. Remettre sans cesse au lendemain et finalement ne jamais passer à l’action.

De nombreuses approches proposent de dépasser la procrastination en organisant et en structurant le travail vers ses objectifs. Bien que les techniques de gestion de projet aient prouvé leur utilité pour augmenter notre efficacité, lorsque la procrastination s’installe, l’inertie est plus forte. C’est pourquoi nous avons besoin d’outils complémentaires et d’envisager un angle différent : les émotions. Quelle est leur place dans le processus créatif ? Les deux processus sont la force d’action et la quête de sens.

Les 2 grands processus émotionnels créatifs

1)     La force d’action

Parce que la joie est le meilleur indicateur de ce qui est bon pour nous et la peur le plus puissant moteur de motivation de l’humanité, le passage à l’action se nourrit de ces deux émotions. Les projets les plus ambitieux nécessitent d’anticiper de nombreuses contraintes. La peur pousse notre esprit à détecter ces difficultés potentielles à venir et fait monter notre activation physiologique et mentale. C’est elle qui nous donne la force d’agir. Cependant, seule, elle nous enfermerait dans une attitude évasive consistant uniquement à éviter les contraintes. C’est la joie, par son ancrage dans la connaissance de soi et de ce qui est bon pour nous, qui va maintenir une cohérence dans la direction. En véritable GPS, elle nous confirme tout au long du projet que nous allons vers un résultat positif. L’alchimie de la joie et la peur donne ainsi la force d’action.

2)     La quête de sens

Au départ de toute action motivée, il y a une vision joyeuse de l’objectif accompli. Faute d’une telle image, nous risquons de ressentir une baisse d’énergie. Cette baisse de motivation et la passivité qui l’accompagne, c’est la tristesse qui prend le relais. L’action n’a plus de sens. La tristesse va orienter notre esprit vers le passé – nous invitant à faire le bilan – et activer notre sensibilité. L’émotivité alors ressentie va connecter fortement l’individu à son identité et ses valeurs. En retrouvant qui l’on est, on clarifie où l’on va. Au cœur de ce voyage d’introspection, il s’agira d’être attentif au moment où l’énergie remonte. C’est le retour de la joie. La tristesse a terminé son travail et un nouveau sens vient d’être trouvé.