Michaël Devilliers

Formation et conférence

« Les émotions du changement »

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Progresser vers un changement, c’est entamer un voyage aux multiples détours. Plus le changement est important, plus le chemin est long et les difficultés nombreuses. Notre cerveau serait vite saturé s’il devait gérer simultanément la gigantesque quantité de détails avec lesquels nous allons devoir jongler. C’est pourquoi, spontanément, la gestion de projet a toujours découpé le travail en sous-tâches qu’elle organise autour d’une timeline. Cela permet de se focaliser sur les actions en cours, de gagner en efficacité et évite le vertige d’une tâche qui semble écrasante.

Pourtant, il arrive que nous soyons pris de court. Avec la gravité d’une situation et l’ampleur du changement attendu, le cerveau ne parvient plus à gérer. Menace climatique, crise des migrants, pollution plastique de nos océans, agriculture de masse menaçant la biodiversité, etc. Nous vivons une époque de dangers mais porteuse d’une formidable opportunité. Notre terre et l’humanité menacées, nous devons trouver l’unité.

Face à un tel défi, le découpage en sous-tâche semble faible. Si vous avez déjà effleuré la conscience des changements que notre époque attend de nous, vous connaissez alors la sensation écrasante de leur réalisation. Cela semble impossible, la tête tourne, le ventre se tend, le rythme cardiaque s’accélère. C’est la peur. Vous assistez à l’intérieur de vous à la chute de votre mental, incapable d’appréhender cette idée, et à l’apparition de l’émotion qui prend alors le relais.

A ce stade, il est encore possible de faire machine arrière et de retrouver l’équilibre et le confort de nos constructions mentales. C’est ce que l’on appelle la résistance au changement, l’homéostasie, la dissonance cognitive. Elle consiste à reconstruire notre vision de la situation de telle manière que le changement semble moins urgent, moins important. C’est là qu’entrent en jeu les justifications : « je n’ai ni le temps, ni l’énergie », « de toute façon je suis impuissant », « ils trouveront bien une solution ». Vous remettez la responsabilité du changement à plus tard ou à d’autres que vous. Vous n’êtes pas prêt.

En effet, si vous vous engagez sur ce chemin, ce sera un aller simple vers un engagement complet. Vous allez découvrir les émotions du changement. Si le mental est capable de fermer les yeux, nos émotions nous guident inexorablement vers la conscience de la nécessité du changement. La peur qui bouscule et invite à l’action, la colère qui nous en donne la force et la concentration, la joie qui offre des alternatives créatives et la tristesse qui nous permet d’accepter ce qui ne peut être changé, elles sont toutes indispensables à un changement global et positif.

Le modèle des émotions du changement est une proposition cherchant à baliser le cheminement émotionnel de ceux qui décident – ou de ceux qui n’ont d’autres choix que – d’agir et de s’engager corps et âme dans un changement. Il nous aide à nous situer et nous offre des outils concrets pour nous organiser face aux messages transmis par ces émotions. L’objectif est donc de permettre à chacun de pressentir en toute sécurité la nécessité d’un changement et d’agir pour le matérialiser.

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